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COMMENT POUVONS NOUS VOUS AIDER ?
SÉRIE DE QUESTIONS POUR USAGERS
Elle s’intéresse à la santé mentale des parents, au développement émotionnel du bébé et à la qualité du lien qui les unit, depuis le projet de grossesse jusqu’au post partum.
Une équipe pluridisciplinaire au service du parent et du bébé
Les équipes de psychiatrie périnatale peuvent être composées de psychiatres, pédopsychiatres, psychologues, sage-femmes, auxiliaires de puériculture, infirmiers, puéricultrices, psychomotriciens et assistants sociaux.
La composition varie selon les lieux, mais la mission reste la même : apporter des soins adaptés à la triade parents-bébé pendant toute la période périnatale (préconception, grossesse, post partum).
Un accompagnement qui commence parfois avant la grossesse
La psychiatrie périnatale peut intervenir dès la préparation d’un projet de grossesse pour :
- Évaluer et, si besoin, ajuster les traitements médicaux,
- Préparer l’environnement familial et social,
- Mettre en place un suivi et un accompagnement adapté.
Un rôle de prévention et de dépistage
Pendant la grossesse et après l’accouchement, certains troubles psychiques peuvent apparaître ou se réactiver, comme la dépression, les troubles anxieux, ou d’autres troubles plus sévères.
La psychiatrie périnatale a pour mission de prévenir, repérer précocement et prendre en charge ces difficultés pour éviter qu’elles ne s’aggravent.
Des soins centrés sur la relation parent-bébé
L’objectif n’est pas seulement d’accompagner le parent, mais aussi de soutenir le lien avec le bébé, car prendre soin du parent, c’est aussi offrir un environnement rassurant et stimulant pour l’enfant.
Pendant la grossesse et après la naissance, il est normal de vivre des changements émotionnels et un remaniement psychologique important. Ces transformations font partie de l’adaptation à votre nouveau rôle de parent.
Un état fréquent et bien connu est le baby blues. Il survient généralement dans les premiers jours après la naissance (entre le 2 et le 5 jour). Il se manifeste par une grande émotivité, des pleurs faciles, de la fatigue, une irritabilité ou encore des difficultés de sommeil. Ces symptômes sont liés aux bouleversements hormonaux, au manque de repos et à l’intensité des premiers jours avec le bébé. Le baby blues reste habituellement transitoire : il s’atténue spontanément en quelques jours (moins d’une dizaine), sans traitement spécifique.
Cependant, certains signes, lorsqu’ils sont intenses ou persistent malgré le repos et le soutien, peuvent indiquer que vous traversez une période de souffrance psychologique qui mérite d’être entendue et accompagnée.
Il est essentiel d’éviter toute automédication, la prise de traitements sans avis médical ou l’augmentation spontanée des doses prescrites. De même, le recours à des substances comme l’alcool, le tabac ou les drogues pour tenter de soulager ses symptômes peut être nocif à la fois pour le parent et pour le bébé. Si vous ressentez le besoin d’en parler, sachez que les professionnels de santé peuvent vous accompagner de manière bienveillante et sans jugement pour trouver des solutions adaptées et sécurisées
Signes émotionnels
- Tristesse persistante ou sentiment de vide
- Présence d’idées suicidaires
- Irritabilité ou colère inhabituelle
- Anxiété marquée ou inquiétudes constantes
- Phobie d’impulsion
- Sentiment de culpabilité ou de ne pas être à la hauteur
Signes physiques ou comportementaux
- Fatigue extrême qui ne s’améliore pas avec le repos
- Troubles du sommeil (difficulté à s’endormir, réveils fréquents ou sommeil excessif),
- Changements importants d’appétit
- Difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions
Signes liés à la relation avec le bébé
- Difficulté à ressentir de la joie ou de l’intérêt
- Peur excessive de mal s’en occuper
- Sentiment d’être dépassé(e) par les soins
- Au contraire, retrait ou désintérêt marqué
Signes rares mais nécessitant une attention immédiate – Psychose du post-partum
Dans de rares cas (1 à 2 femmes pour 1 000 naissances), une psychose du post-partum peut survenir après l’accouchement.
Elle peut se manifester par :
- Discours confus ou incohérent
- Idées délirantes (convictions fausses et inhabituelles)
- Hallucinations (entendre ou voir des choses qui n’existent pas)
- Etat d’agitation
Non, consulter un psychiatre ne signifie pas forcément que vous êtes « malade » au sens où on l’entend souvent.
En période périnatale (grossesse et première année après la naissance), de nombreux parents traversent des moments de fragilité émotionnelle. Parler à un psychiatre ou à un autre professionnel de santé mentale, c’est avant tout prendre soin de vous et de votre bébé, comme vous le feriez pour votre santé physique.
Pourquoi consulter un psychiatre ?
- Pour obtenir un avis spécialisé sur des émotions ou symptômes qui vous inquiètent,
- Pour évaluer et ajuster un traitement si nécessaire,
- Pour être conseillé(e) sur la gestion du stress, du sommeil, ou des changements de vie liés à l’arrivée d’un enfant,
- Pour prévenir l’aggravation d’une situation déjà difficile.
Un espace d’écoute et de soutien
Un psychiatre est là pour vous écouter sans jugement et vous proposer des solutions adaptées à votre situation.
Il peut travailler en lien avec d’autres professionnels (sage-femme, psychologue, médecin généraliste…) pour vous offrir un accompagnement global.
En période périnatale, la priorité est toujours de proposer les soins les plus adaptés et les plus sûrs pour le parent et le bébé.
Les approches non médicamenteuses en première intention
Dans la plupart des situations, un accompagnement psychologique (entretien, psychothérapie) est recommandé en premier.
Un travail d’ajustement et de soutien environnemental (aide familiale, relais pour le repos, aménagement de la vie quotidienne) fait également partie des soins essentiels.
Ces approches peuvent parfois suffire à améliorer nettement la situation.
Quand un traitement médicamenteux est nécessaire
Parfois, malgré ces premières mesures, les symptômes persistent ou s’aggravent. Dans ce cas, un traitement pharmacologique peut être proposé.
La décision repose toujours sur une balance bénéfices/risques : il faut garder en tête qu’une décompensation sévère d’un trouble psychique peut avoir des conséquences plus importantes pour le parent et pour le lien avec le bébé qu’un traitement bien choisi.
Des prescriptions encadrées et sécurisées
De nombreuses études ont permis d’identifier des médicaments ayant le meilleur profil de sécurité possible pour la grossesse et l’allaitement.
Une référence pratique et facile d’accès pour vérifier la compatibilité des traitements pendant la grossesse et l’allaitement est le site du CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), régulièrement mis à jour et librement accessible aux professionnels de santé comme aux patients.
Les règles de prescription incluent notamment :
- Utiliser la dose minimale efficace,
- Privilégier la monothérapie (un seul médicament plutôt que plusieurs),
- Éviter les traitements qui présentent un risque élevé pour le bébé.
Ne jamais arrêter un traitement sans avis médical
Même en cas d’effets indésirables, il est important d’en parler avec son médecin avant toute modification. Certains traitements doivent être réduits progressivement, sous peine d’entraîner un risque de rechute ou d’aggravation de l’état psychique.